À 9 mois du bonheur Accouchement

Mon accouchement en quelques mots/maux

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24 h : c’est le temps qui s’est écoulé entre mon arrivée à la maternité et la naissance de mini M. Un accouchement qui n’a pas été de tout repos, tant physiquement que moralement.

« Arrêtez de faire la grimace, j’ai l’impression que je vous fais mal ! »

C’est ce que m’a dit une sage-femme (qui heureusement finissait son service 😒) pendant un toucher vaginal. Désolée, mais, effectivement, c’est un peu désagréable. Désolée de ne pas me réjouir de cette intrusion et de garder mon sourire pour une autre occasion. J’aurais préféré entendre « essayez de vous détendre et dites-moi quand vous êtes prête », mais… non !

« Ce n’est pas moi qui vais pousser à votre place ! »

C’est ce que m’a répondu une sage-femme lorsque je lui ai demandé si c’était normal que je sente encore les contractions après la pose de la péridurale. Moi qui croyais avoir un moment de répit… Je n’ai même pas eu droit au petit bouton pour gérer moi-même la douleur !

« Mais vous avez mal ou c’est juste désagréable ? »

C’est ce que m’a demandé la même sage-femme lorsque j’ai osé témoigner de mon inconfort pendant la pose de la sonde urinaire. Pose ayant eu lieu sous péridurale, voyez comme elle était efficace. La sonde m’a donc gênée à chaque mouvement tout le long du travail et, après l’accouchement, je pense qu’elle a été en partie responsable de mes douleurs à chaque pipi.

C’est aussi après ça que je me suis mise à pleurer. 16 h s’étaient écoulées depuis mon arrivée à la maternité et je n’en pouvais plus. J’en avais marre d’être touchée (physiquement et moralement), j’étais fatiguée et lassée de cet endroit. Heureusement, monsieur J. a su me réconforter.

« Tu peux appeler le Dr S. ? » 

C’est ce qu’a demandé une sage-femme à sa collègue après avoir essayé, en vain, de capter le cœur de mini M. Je venais de passer 8 h en salle de naissance, je n’étais toujours pas à dilatation complète et les choses allaient prendre un tout autre tournant.

En arrivant en salle d’accouchement, j’avais demandé qui était le gynécologue de garde. Quand on m’avait répondu que c’était le Dr S., j’avais prié pour ne pas avoir à le rencontrer. Je le connaissais de réputation : un très bon technicien, mais très mauvais sur le plan humain.

Il est arrivé, a analysé la situation entre mes jambes, puis nous avons réussi à capter de nouveau le rythme cardiaque de mini M. Je ne sais pas si le Dr a fait quelque chose ou si c’est juste bébé qui avait repris du poil de la bête…

Après ça, le calme est revenu autour de nous et c’est là que monsieur J. a craqué. Il avait peur pour le bébé et pour moi. Je l’ai rassuré, en lui disant que s’il devait y avoir une césarienne, ce ne serait pas grave. L’important était que mini M. se porte bien. Bizarrement, je n’étais pas très inquiète. J’étais dans un état second. Je me laissais porter, je faisais confiance à l’équipe qui m’entourait, même si elle n’était pas très chaleureuse.

« Vous allez me remettre une dose (de péridurale) là ?! »

C’est que j’ai dit à la sage-femme (ou plutôt je l’ai implorée) quand j’ai ressenti une forte contraction. Je crois que la péridurale ne faisait plus effet.

LA conversation

  • Lui : « Non, mais ça ne va pas du tout là ! Vous n’avez pas appris à pousser ? »
  • Moi : « Non… »
  • Lui : « Mais, vous n’avez pas suivi de cours d’accouchement ? »
  • Moi : « Si, mais… »
  • Lui : « Et vous n’avez pas appris à pousser ? »
  • Moi : « Mais expliquez moiiiiiiiiii ! »

Ça, c’est le dialogue surréaliste que j’ai dû avoir avec le gynécologue, lorsqu’il est revenu me faire accoucher, tout en reprenant ma respiration ! Sa réputation s’est confirmée. Merci à la sage-femme qui m’a soufflé à l’oreille comment procéder.

« On va faire un peu d’expression. »

C’est ce qu’a dit le gynécologue aux deux sages-femmes à côté de moi. Sans autre explication, sans un regard vers moi. Heureusement, j’avais quand même été bien préparée, car même si l’on ne m’avait pas appris à pousser en cours de préparation à la naissance, on m’avait expliqué ce qu’était l’expression abdominale. Ça m’a évité un gros coup de stress quand j’ai vu les deux sages-femmes appuyer sur mon ventre sans ménagement. Plus tard, j’apprendrais que cette pratique est censée être abandonnée, mais ça, c’est un autre débat. En tout cas, c’est ce qui a permis à mini M. de naître en quelques minutes et qui nous a peut-être évité le pire… Mais je ne saurais jamais si c’était vraiment nécessaire. Le gynécologue a jugé que oui et je préfère penser qu’il ne m’aurait pas imposé ça par simple convenance.

« Vous allez sortir monsieur, parce qu’on va utiliser les forceps. » 

C’est ce qu’a dit le gynécologue à mon mari avant l’épisode de l’expression. Et vu qu’il a finalement utilisé une ventouse, je ne sais pas vraiment s’il voulait lui éviter la vue des forceps ou la vue de ces deux sages-femmes m’écrasant de tout leur poids.

« Oh, vous avez eu une épisiotomie. » 

C’est ce que m’a répondu le gynécologue avec le plus grand flegme lorsque je lui ai demandé quelle était l’étendue des dégâts. Super, moi qui redoutais tant ce coup de ciseau.

Un souvenir amer

Presque 8 mois après, je repense encore souvent à mon accouchement.

Je me pose des questions : suis-je tombée sur un personnel loin d’être bienveillant ou ai-je provoqué leur agacement ? Ai-je été trop douillette ? L’épisiotomie était-elle vraiment nécessaire ? Et l’expression abdominale ?

J’ai des regrets : être allée trop tôt à la maternité, mais en même temps ils ne m’ont pas renvoyée chez moi. Ne pas avoir attendu assez avant la pose de la péridurale, ce qui aurait pu me permettre de continuer à bouger et d’accélérer, peut-être, le travail.

Je suis jalouse : de ces femmes qui ont accouché en un claquement de doigts, sans péridurale et sans se plaindre, et bien sûr sans égratignure.

Alors je me rassure en me disant que mini M. est là, en bonne santé, et que pour lui aussi ça a dû être vraiment dur. Si j’ai enduré tout ça, c’était pour lui, pour ce merveilleux cadeau.

Je ne suis pour autant pas dégoutée, j’espère avoir d’autres enfants et l’accouchement reste alors inévitable. Devrais-je choisir un autre établissement ? Je ne crois pas… C’est toujours la roulette russe : soit tu gagnes et tu tombes sur une super équipe, soit tu perds… Et puis toutes les sages-femmes sont différentes. Avec un travail de 24 h, j’en ai vu beaucoup (quatre équipes se sont relayées à mon chevet !). Certaines ont été gentilles, drôles et compréhensives. Peut-être que les autres étaient fatiguées ou avaient des problèmes personnels les empêchant d’être empathiques. Et ce cher gynécologue, peut-être l’ai-je réveillé dans un sommeil profond (quelle idée d’accoucher en pleine nuit !). Je peux concevoir tout ça.

Mais ce que je retiens ce sont toutes ces petites attaques qui me donnent l’impression d’être passée à côté d’un moment qui aurait pu être tellement plus doux et d’avoir subi mon accouchement. J’ai la sensation de n’avoir été qu’un corps, un corps douillet en plus ! Et que mon esprit est resté silencieux tandis qu’il encaissait. Jusqu’à la rencontre et l’instant magique où j’ai croisé les yeux de mini M. Pour lui, j’oublie tout. Même si, encore aujourd’hui, mon corps et mon esprit ont un peu de mal à s’en remettre.

 

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© Liane Metzler – Unsplash

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11 Commentaires

  • Picou
    4 décembre 2017 at 12 h 03 min

    Tu m’étonnes, j’avoue que ça donne froid dans le dos de te lire…Je fais partie de celles que tu jalouses, je crois, et je ne peux que le comprendre. Heureusmeent chaque accouchement est unique, et je souhaite de tout coeur que tu n’aies pas à revivre ça, car quelle qu’ait été la situation, non je ne pense pas que c’était normal…expliquer, rassurer, informer, ça me semble être un minimum et aussi important que la technique, quelle que soit la façon dont un accouchement se passe…

  • Chef Dodo
    5 décembre 2017 at 19 h 38 min

    mon 1° accouchement a duré 20 heures avec un péridurale qui n’avait aucun effet … accouchement aux forceps, je devenais trop faible et bébé aussi … une équipe moyenne concernant l’amabilité et la compassion !!! ha si !!! une élève a qui j’ai broyé les doigts !!! la pauvre !!!
    mon 2° accouchement a duré 6 heures avec une péridurale 100% efficace !!! ouf !!! une sage-femme en or !!! nous sommes arrivés à 23:30, elle m’a ausculté, m’a dit je reviens à 05:55 pour vous accoucher … à 06:00 bébé 2 était là, arrivé en douceur, calme, sans douleur, sans souffrance et sans cri !!! le rêve !!! je pense que ça explique la fusion entre moi et bébé 2
    mon 3° accouchement a duré 2 heures, pas le temps pour une péridurale, l’anesthésiste était au bloc … ok, on va faire sans !!! suis rodée !!! suis forte !!! heu … enfin, je crois !!! un sage-femme sympathique avec moi mais qui hurlait contre une africaine qui venait accoucher sous le nom d’une autre !!! bref, dans ce cas là, on se dit « tout va bien, je vais bien » 😉 mais pour le 3°, là où ça se déroule mal c’est quand tu as accouché et qu’une équipe de sages-femmes étudiantes se précipite en te disant « vous avez envie d’uriner » … « heu non !! » … « mai si !!! votre vessie est gonflée » … « mais non !! » … heureusement la sage-femme diplômée est arrivée !!! « mais vous êtes folles » !!! « c’est son 3° enfant, vous êtes en train de piquer son utérus » !!! certes, j’avais les doigts ancrés dans le matelas, mon mari regardait où il pouvait poser bébé 3 pour leur mettre des grosses baffes dans la tronche !!! lol !!!
    oups !!! j’allais oublier !!! épisio au 3° accouchement
    bref, tout ça fait des souvenirs, je ne garde que le meilleur, un service maternité, post accouchement, exceptionnel 👌 et j’ai la chance d’avoir 3 beaux garçons de 28, 22 et 18 ans qui sont ma vie, mes amours et ils me le rendent au centuple 💗
    épilogue : aucun accouchement n’est semblable à aucun autre … tout peu bien se passer pour l’un et moins bien pour l’autre … mais il faut juste garder le meilleur et oublier le reste … et surtout ne pas dire « plus jamais » … ce qu’apporte un enfant mérite, des fois, d’en baver pendant quelques moments

    • Plume de maman
      6 décembre 2017 at 10 h 27 min

      Merci pour ton témoignage ! C’est dingue que tu te souviennes encore de tous ces détails !
      C’est vrai que tous les accouchements sont différents, et heureusement pour moi ! Comme ça je garde espoir pour le prochain ! De toute façon, c’est sûr que je ne l’aborderai pas de la même manière, je serai forcément plus « détendue » en sachant un peu mieux à quoi m’attendre… 😉

  • Boubouublog
    5 décembre 2017 at 20 h 44 min

    Et bien dit donc j’en ai des frissons.. ce manque de bienveillance est vraiment triste. Elle laisse des traces chez tout le monde, toi, le papa ou même ton bout d’chou.
    Pour moi c’était la suite de couche qui s’est très mal passée… À croire qu’on faisait exprès de ne pas l’écouter, de taper dans le berceau avec le balais… Etc… Bref j’en ai un très mauvais souvenir. Pour ma deuxième grossesse je n’irai pas dans la même maternité ! J’ai réussi mon concours d’auxiliaire de puériculture en vue de travailler en maternité.. et loin de moi l’envie de travailler avec des gens comme ça. Comment peut on rendre le plus beau moment d’une vie comme un cauchemar…

    • Plume de maman
      6 décembre 2017 at 10 h 30 min

      Ahhh, en passant de l’autre côté de la barrière, peut-être que tu pourras m’expliquer ce qui peut engendrer un tel manque de bienveillance et de chaleur humaine ! Tout le monde peut en avoir ras le bal de son métier, mais dans certaines professions, si tu n’aimes pas l’humain, il vaut mieux s’abstenir je crois 😉

  • Miquette
    5 décembre 2017 at 20 h 51 min

    Je ne pouvais pas quitter ton post sans te rassurer : la naissance de Fille Aînée a été « difficile », avec du personnel fatigué et pas très bienveillant.
    La naissance de Petite Dernière a été rapide et magique : la péridurale n’a pas fonctionné mais la sage-femme était géniale et très très gentille.
    Les accouchements ne se ressemblent pas. Et le plus important, c’est ce petit être que tu tiens dans tes bras ! Bisous

    • Plume de maman
      6 décembre 2017 at 10 h 33 min

      Merci pour ton message ! Je garde espoir pour le prochain accouchement, comme tu dis ils sont tous différents… Heureusement, on oublie tout grâce à nos petits bouts 😉

  • Jenn
    5 décembre 2017 at 23 h 52 min

    Tu es tombée je trouve sur une équipe pas cool du tout. J’ai accouché de mon 2eme lundi et une chouette équipe ça fait beaucoup. Le toucher vaginal pratiqué est souvent douloureux tant que le col n’est pas effacé donc oui on grimace… La seule chose qui m’a fait tiquer lors de mon accouchement a ete l’anesthésiste qui m’a sorti « arrêtez de crier madame ça ne sert a rien » alors que j’avais des contractions très intenses et à peine le temps de reprendre mon souffle entre deux. Comme si ces cris étaient une chose que je controlais… Moi ça m’aidait à évacuer.. L’episio ils auraient normalement du te prévenir avant de la pratiquer… :/

    • Plume de maman
      6 décembre 2017 at 10 h 36 min

      Oh, un accouchement tout frais, félicitations pour ce deuxième bébé 😊
      Il est marrant cet anesthésiste, on aimerait bien les y voir (un homme encore j’imagine !).
      Merci pour ton commentaire 😉

  • Maman Pavlova
    7 décembre 2017 at 11 h 15 min

    Tu es VRAIMENT, mais VRAIMENT tombé dans un hôpital qu’il faut fuir le pus vite possible. C’est impensable que l’on puisse t’avoir fait donner la vie dans de tel conditions… J’avais énormément prospecté avant d’accoucher pour éviter ce genre de déconvenue, et je ne le regrette pas .

    J’espère que pour le prochain, tu ne subiras plus…

  • Nini
    12 juillet 2018 at 1 h 12 min

    Faut pas trop penser à ca pour faire des autres bébés trop mignons 😉. (Sinon j’aurais arrêté au premier 😅). 😘

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