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L’endométriose en questions

endometriose

On en entend un peu plus parler, notamment grâce à Laetitia Milot, marraine de l’association EndoFrance, mais elle est encore mal connue et souvent banalisée. Pourtant, l’endométriose est à l’origine de douleurs très invalidantes et peut être une cause d’infertilité. Petit tour d’horizon de cette affection.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

Le tissu qui tapisse l’utérus (l’endomètre) s’épaissit au cours du cycle, mais finit — en l’absence de fécondation — par se désagréger et saigner au moment des règles. Il arrive que des cellules endomètriales migrent par les trompes et colonisent des organes hors de l’utérus (ovaires, intestins, vessie, rectum, etc.). Cela provoque alors des lésions, des adhérences et des kystes dans les organes colonisés : c’est l’endométriose.

Est-elle une affection rare ?

Non, elle touche 1 femme sur 10, mais ce chiffre ne concerne que celles pour qui le diagnostic a été posé. Ainsi, on estime que 3 à 6 millions de femmes en France seraient atteintes.

Le diagnostic est-il complexe ?

Oui, car l’endométriose revêt des formes multiples. Elle ne se définit pas de la même façon chez toutes les femmes atteintes, car les lésions s’implantent de différentes façons et génèrent des symptômes variables, dont le dénominateur commun est la douleur. Certaines femmes ont extrêmement mal pendant les rapports, d’autres pendant la défécation ou d’autres encore ont des problèmes urinaires. Il existe aussi des formes asymptomatiques, c’est-à-dire des femmes chez qui l’on va découvrir l’endométriose de façon fortuite dans le cadre d’un bilan d’infertilité.

L’endométriose est-elle douloureuse ? 

Oui, elle est à l’origine de douleurs très aigües. Sous l’influence des hormones, les lésions implantées sur différents organes réagissent, ce qui crée une zone extrêmement inflammatoire. De plus, lorsqu’il existe des adhérences entre les organes, ces derniers sont emprisonnés, ce qui provoque des tiraillements très douloureux. Dans les formes sévères, marcher ou se tenir debout longtemps devient compliqué.

Est-elle une cause d’infertilité ?

Oui, sur 10 femmes atteintes d’endométriose, 3 ou 4 n’auront pas d’enfant. Les autres, malgré les difficultés, auront la chance d’avoir des grossesses spontanées ou auront recours aux techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) : stimulation de l’ovulation, insémination artificielle et fécondation in vitro (FIV).

Peut-on guérir de l’endométriose ?

Malheureusement, comme il s’agit d’une maladie hormonodépendante, tant que la femme produit des hormones, elle « nourrit » l’endométriose. Le moment propice à la « guérison » est donc la ménopause. Une femme atteinte d’endométriose doit de ce fait apprendre à gérer la douleur et être bien suivie et soutenue pour arriver à vivre correctement avec sa maladie.

Une opération est-elle nécessaire pour faire disparaître les douleurs ?

En première intention, un traitement médical est instauré : une contraception orale en continu pour éviter que la femme ait ses règles et faire en sorte que les lésions ne saignent pas et s’assèchent. Si ce traitement ne suffit pas, une ménopause artificielle réversible, sur un temps donné (3 à 6 mois), est mise en place afin d’assécher un maximum de lésions. Ensuite, si les douleurs ne sont toujours pas soulagées, la chirurgie est envisagée, à condition qu’elle soit menée par un expert de l’endométriose.

La grossesse guérit-elle l’endométriose ?

Non. La grossesse constitue un moment de répit pour l’endométriose et les femmes enceintes se sentent bien. Mais dès qu’elles accouchent et que le cycle revient, la maladie se réveille. Il s’agit donc d’une mise en sommeil momentanée.

Pour en savoir plus

  • Association EndoFrance : www.endofrance.org
  • Livre : Idées reçues sur l’endométriose — Éd. Le Cavalier Bleu

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