La vie de maman

Être maman : des débuts difficiles

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Après 9 mois d’attente, bébé est enfin là. Il est maintenant temps d’endosser le rôle de maman, sans trembler. Oui, mais… facile à dire !

Le grand saut

Après quelques jours à la maternité, j’étais contente de rentrer chez moi, de retrouver mon univers bien plus chaleureux, mes repères. Puis monsieur J. a posé le cosy dans le salon, m’a regardée et nous avons explosé de rire. Enfin, nous avons plutôt ri jaune, du genre : « bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » Car la maternité a cet avantage de pouvoir faire appel, jour et nuit, à un personnel compétent capable de nous guider (plus ou moins bien !) sur le chemin de la parentalité. Comprendre les pleurs d’un bébé, ses attentes, n’est pas du tout évident pour des parents novices en la matière. Peur de mal faire, sentiment de ne pas être à la hauteur, voilà ce qui nous tombe dessus au retour à la maison. Car finalement, des repères, nous n’en avons plus. En tout cas, c’était mon ressenti de maman. Monsieur J., lui, était beaucoup plus cool.

Mon corps, cet ennemi

Moi, j’étais au bout de ma vie, extrêmement fatiguée par mon accouchement interminable et les premières nuits entrecoupées. Je bougeais difficilement tellement mon corps était douloureux (enfin surtout mon périnée 😭) et je n’avais qu’une envie : partir sur une île déserte pour me reposer et reprendre possession de mon corps (même si je n’aurais pas tenu plus de 15 min loin de mon bébé !). Ce corps meurtri, ce ventre vide, flasque et difforme que je n’assumais plus du tout. J’aurais voulu avoir le temps de m’en remettre, psychologiquement et physiquement. Mais voilà, un nouveau-né a besoin de sa maman, vraiment besoin (ce n’est un secret pour personne !).

Mon expérience de l’allaitement

Au début réticente à l’idée d’allaiter, je m’étais laissé séduire par mes lectures et les différents retours d’expérience de mamans convaincues. J’avais décidé de tenter la tétée d’accueil et de voir où ça me mènerait. Mais déjà à la maternité, ça démarrait mal. Je me souviens de cette dame venue s’acharner sur mes seins juste après l’accouchement pour essayer d’en faire sortir quelques gouttes de colostrum. Sans succès. Mini M. avait réussi à se servir tout seul par la suite. Enfin, je crois. Parce qu’au final, il n’avait jamais l’air rassasié. Si bien qu’une nuit, à la maternité, nous avions cédé à un complément de biberon pour le contenter. Ce n’était sûrement pas la bonne solution.

Je sais que l’allaitement doit se faire à la demande, surtout les premiers temps, pour que tout se mette en place, mais, de retour chez moi, je me sentais esclave. À la maternité, pas besoin de penser aux repas, à l’entretien de la maison, au linge qui s’accumule. Il est donc facile de se concentrer exclusivement sur bébé. Mais à la maison, ce n’est pas la même histoire. Je voyais monsieur J. s’activer pour les tâches quotidiennes alors que j’étais moi bien souvent monopolisée par mini M. Et j’avais du mal à apprécier ces moments pourtant si précieux.

Moi qui suis très indépendante, je ne me sentais pas libre. Pas libre de prendre une douche, de manger tranquillement ou même d’aller aux toilettes. J’étais dépendante de mini M., de sa faim, de ses pleurs. Et je l’ai mal vécu. Quand la sage-femme, en cours de préparation à l’accouchement, avait dit que certains jours, nous n’aurions pas le temps de prendre une douche, j’avais souri. Je ne m’imaginais pas à quel point elle avait raison. Même si j’ai toujours trouvé le temps de me laver, c’était souvent en quatrième vitesse, angoissée à l’idée de ne pas répondre assez vite aux besoins de bébé. Avant de vivre mes premiers jours en tant que maman, je pensais (naïvement !) que j’aurais du temps entre les tétées, que je pourrais profiter des siestes de bébé pour vaquer à mes occupations. Parce qu’un bébé, ça dort entre deux tétées, non ? Ah bah non… En tout cas, pas le mien ! Pas suffisamment pour me laisser le temps de souffler.

C’est ainsi que les biberons se sont rapidement introduits dans notre quotidien. Surtout la nuit au début. Pour me rassurer et pour me soulager. J’ai même essayé le tire-lait électrique pour pouvoir déléguer à monsieur J. Mais mini M., qui n’avait plus vraiment d’effort à fournir, buvait tellement vite ce lait que le stock se vidait avant d’être totalement fait. Et puis je ne prenais pas vraiment de plaisir à allaiter. Mini M. avait du mal à prendre le sein et les premières minutes étaient souvent douloureuses. J’étais perdue, je ne savais pas s’il mangeait assez et donc s’il prenait assez de poids, si le temps qu’il passait sur chaque sein était suffisant… Bref, j’ai trouvé cette expérience extrêmement angoissante et éprouvante pour mon cœur de maman. Je pensais que l’allaitement était beaucoup plus naturel à mettre en place, ça l’est peut-être pour certaines. Mais moi j’ai préféré abandonner ma mission après seulement 3 semaines de bons et loyaux services. Mes appels à des consultantes en lactation n’ayant pas suffi à me rassurer sur mes capacités.

L’arrêt n’a pas été simple non plus, je crois que la lactation se mettait à tourner à plein régime, je vous laisse imaginer l’état de me seins ! Douloureux à souhait tellement ils étaient pleins ! J’ai alors dit à monsieur J. : « rappelle-moi de ne plus jamais allaiter ». Mais bon, il ne faut jamais dire jamais il paraît !

Ne pas s’isoler

Entre la fatigue, la douleur, la sensation de dépendance et la chute des hormones, les premières semaines n’ont vraiment pas été évidentes. Je ne pense pas avoir vécu un baby-blues que j’imagine beaucoup plus dur, mais un petit coup de déprime. Je faisais sûrement le deuil de mon bébé imaginaire et de ma grossesse. J’ai pleuré, parfois sans raison, parfois de douleur, parfois en me disant « je n’y arriverais jamais ».

À travers cet article, je voudrais dire aux futures mamans ou à celles qui viennent de donner la vie que c’est dur. En tout cas pour certaines femmes, les débuts sont difficiles. Ça dépend sûrement de comment s’est passé l’accouchement, de son état physique et de sa sensibilité. Il faut alors être entourée et ne pas hésiter à en parler. Ma belle-sœur et la femme de l’un de mes cousins m’ont été d’une grande aide, notamment pour répondre à mes questions sur l’allaitement ou le rythme de bébé. Monsieur J. a également été mon meilleur soutien, une épaule sur laquelle je pouvais pleurer sans me sentir jugée. Lui seul avait vécu l’accouchement comme moi et ne minimisait pas ma fatigue et ma douleur.

Il faut du temps pour trouver son rythme et s’adapter à cette nouvelle vie de maman. Mais tout le monde y arrive ! Il faut se faire confiance et profiter de chaque instant avec ce petit être qui a tant besoin de nous, de notre présence, de notre amour.

 

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© reidy68 – Pixabay

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3 Commentaires

  • MamanDe4
    11 décembre 2017 at 10 h 17 min

    J’ai ressenti beaucoup de ce que tu décris pour le premier enfant. Ne pas avoir de SAV en rentrant à la maison, de perdre sa liberté, l’allaitement qui ne marche pas… et puis tout se met en route doucement et ce sentiment d’entre perdue je ne l’ai plu jamais eu pour les autres naissances ! Ne pas hésiter à en parler à son entourage au début !!

    • Plume de maman
      11 décembre 2017 at 10 h 41 min

      Oui je pense que c’est différent pour les enfants suivants. Même si on a toujours une appréhension, on est quand même un peu rodée ! Mais le bouleversement doit quand même avoir lieu, car il faut trouver une nouvelle organisation à chaque fois !

  • Maman pavlova
    11 décembre 2017 at 10 h 57 min

    Ton article fait écho à celui que j’ai publie il y a 15 jours qui a été relayé sur le huffingtonpost. C’est tellement tabou de dire que le démarage est souvent dur . Ma.fille a 18 mois et passe une mise en place un peu difficile je peux maintenant le dire c’est un.bonheur parfait et ma bienveillance en a fait une petite fille très fusionnelle avec moi et si agréable à vivre

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