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La césarienne : pourquoi ? Comment ?

cesarienne

Dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion d’interviewer un gynécologue obstétricien de renom au sujet de la césarienne. Mon blog étant avant tout dédié à l’information des futures et nouvelles mamans, je me suis dit qu’il serait intéressant de partager une partie de cet entretien que j’ai trouvé très instructif. J’espère que cela pourra être utile à certaines d’entre-vous.

Dans quels cas la césarienne est-elle pratiquée ?

La césarienne prophylactique, aussi appelée césarienne préventive ou à froid, est pratiquée lorsque, pour des raisons strictement médicales, l’accouchement par voie basse n’est pas envisageable. Cela peut être dû à des causes maternelles et/ou fœtales : grossesse multiple, présentation du bébé par le siège, macrosomie (bébé estimé à plus de 4,5 kg), bassin trop étroit, antécédents de césarienne, etc.

La césarienne en urgence, quant à elle, est habituellement pratiquée dans deux situations :

En cas d’arrêt de la dilatation du col, c’est-à-dire si aucune évolution n’est observée pendant 2 à 3 h, même si les contractions sont correctes et que le rythme cardiaque du bébé permet de patienter.

En cas d’anomalie du rythme cardiaque fœtal entraînant un risque d’ischémie, c’est-à-dire de mauvaise oxygénation du cerveau du bébé. Dans ce cas, la césarienne est soit une urgence relative et la naissance doit avoir lieu dans un délai de 30 min (lorsque l’anomalie cardiaque apparaît et que le col ne se dilate plus), soit une grande urgence et la naissance doit avoir lieu dès que possible, dans un délai de 15 min (si le rythme cardiaque du bébé est très faible et ne remonte pas).

Comment se déroule l’intervention ?

Avant toute césarienne programmée, une feuille d’information est remise à la patiente pour lui expliquer le principe, ainsi que les avantages et inconvénients potentiels de l’intervention. Il est très important qu’elle sache ce qu’il va se passer et pourquoi ce mode d’accouchement lui est proposé.

Pour une césarienne non programmée, l’information sera donnée juste avant de partir au bloc si possible et surtout tout de suite après l’intervention.

L’anesthésie

En cas de césarienne programmée, une rachianesthésie est habituellement pratiquée (injection dans la colonne vertébrale, à l’intérieur de la dure-mère – enveloppe du système nerveux central –, d’une dose unique de produit anesthésiant). L’anesthésie est quasi immédiate et effective pendant 4 h, avec un bloc sensitif et moteur (la patiente ne ressent plus rien sous le nombril et ne peut plus bouger les jambes).

En cas de césarienne non programmée, deux options sont envisageables :

– Si la patiente est en cours de travail et déjà sous péridurale, l’anesthésiant est simplement remplacé. La patiente, qui pouvait pousser et éventuellement bouger les jambes, ne peut plus. C’est ce que l’on appelle une anesthésie locorégionale.

– Si la patiente n’est pas encore sous péridurale et qu’une césarienne doit être pratiquée en urgence, une rachianesthésie est réalisée, sous le même mode que lors d’une césarienne programmée, ou parfois une anesthésie générale. En effet, l’anesthésie par péridurale peut être contre-indiquée et l’anesthésie générale sera préférée si la patiente présente de la fièvre (risque d’infection) ou une anomalie de la coagulation, par exemple. Elle est très rapide à mettre en place puisqu’il s’agit d’une simple injection intraveineuse.

La technique opératoire

Dans un premier temps, le chirurgien incise horizontalement la peau, juste au-dessus du pubis (l’incision verticale est devenue exceptionnelle).

Puis il ouvre successivement différentes « épaisseurs » avant d’accéder à l’utérus : peau, graisse, aponévrose (plaque de fibres au-dessus des muscles), muscles (qui sont écartés aux doigts et NON coupés) et enfin péritoine.

La partie basse de l’utérus est ensuite incisée et la vessie est repoussée vers le bas. Après ouverture des membranes de l’utérus, le liquide amniotique est aspiré et le bébé est extrait.

La présence du père durant l’intervention varie selon les pratiques des équipes des blocs opératoires.

Lorsque le bébé est sorti, il est confié à la sage-femme ou au pédiatre.

Le placenta est alors retiré. En cas de doute, le chirurgien procède à une révision utérine, c’est-à-dire qu’il plonge sa main dans l’utérus afin de vérifier qu’il ne reste pas un caillot ou une membrane.

Enfin, l’utérus puis l’aponévrose sont recousus avec un fil résorbable (la résorption commencera 1 mois après l’intervention). La peau est refermée avec des agrafes, des fils résorbables ou non, en fonction des habitudes du chirurgien.

L’opération dure en général entre 40 min et 1 h. La première partie de l’intervention, consistant à ouvrir l’utérus et à extraire le bébé, est très rapide (quelques minutes). C’est la deuxième phase, c’est-à-dire l’action de refermer, qui prend le plus de temps.

En France, en 2016, on comptait 20,2 % de césariennes. Un taux qu’aucune maternité ne devrait dépasser. Il faut en effet lutter à tout prix contre les césariennes de convenance qui ne sont absolument pas recommandées, car plus risquées pour la maman qu’un accouchement par voie basse. 

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© rawpixel – Pixabay

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2 Commentaires

  • M comme...
    19 mai 2018 at 22 h 09 min

    J’ai eu 2 grossesses, 2 césariennes. La première en urgence : j’ai cessé de dilater à 5 et ensuite Loulou était en souffrance. Pour la 2ème elle a été programmée. L’aîné est né à terme + 7 et pesait 4.180 kg. Ma puce se présentait également « bien portante » et comme le travail n’était pas allée au bout la 1ère fois j’avoue que je flippais un peu que cela ne se reproduise. J’ai fait part de mes craintes à la sage-femme de la maternité. Elle m’a dit qu’il n’y avait pas de contre indication à proprement parlé d’accoucher « naturellement » mais qu’elle ne pouvait pas me garantir le risque 0 et qu’en gros c’était à moi de choisir (je te la fait courte lol). J’avais très peur de complications et de devoir faire à nouveau une césarienne en urgence. Nous nous sommes mis d’accord pour programmer une césarienne 5 jours avant terme si elle n’avait toujours pas pointé le bout de son nez. J’ai très mal vécu mon choix (j’en ai d’ailleurs fait un article). Oui c’était une césarienne de « convenance » puisque j’ai eu le choix. Mais je ne me voyais pas prendre le risque pour ma pepette. Le médecin venait de m’expliquer que le jour J mon utérus cicatriciel pourrait poser problème si l’équipe avait besoin de manipuler mon ventre et le bébé. Elle est née une semaine avant terme à 3.9 kg. Et bizarrement (ou pas) j’ai moins bien supporté ma 2ème césarienne que ma 1ère lors de l’opération. Alors que c’était « préparé ». J’ai eu l’impression de tout ressentir, il y a même un moment où l’équipe médicale s’est demandée si on allait pas arrêter pour me faire une anesthésie générale… Bref, je ne saurais jamais ce que c’est que de donner naissance « vraiment ».

    • Plume de maman
      24 mai 2018 at 14 h 13 min

      Oh merci pour ton témoignage ! Qui fait un peu froid dans le dos, surtout pour la 2e césarienne et l’anesthésie générale… Je n’ai pas bien vécu mon accouchement par voie basse et parfois je me dis qu’une césarienne aurait été moins traumatisante pour mon périnée 😁 Mais bon, c’est la vie, on ne peut pas revenir en arrière et surtout on ne peut pas vraiment prévoir tous les paramètres d’un accouchement ! La décision de pratiquer une césarienne doit tenir compte de beaucoup de choses et si elle est nécessaire il ne faut pas s’en vouloir je crois…

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