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Que faire si mon enfant ne veut pas manger ?

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Faire l’avion avec sa cuillère, détourner son attention, lui promettre une récompense… vous avez tout essayé, mais votre enfant ne daigne pas manger. Faut-il s’inquiéter ? Comment réagir ? Voici quelques éléments de réponse.

Hier encore, la nounou de mini M. me disait que les repas se passaient très bien. Elle qui a déjà eu affaire à des enfants plus difficiles en matière d’alimentation, se réjouit de donner chaque jour la becquée à mini M. C’est vrai qu’il mange de tout et n’a jamais refusé un plat parce qu’il n’aimait pas. Ça lui arrive de manger moins quand il est un peu patraque, mais sinon il fait honneur à tous ses repas (pourvu que ça dure !).

Après cette conversation avec mon assistante maternelle, j’ai réalisé que pour certains parents, les repas n’étaient pas forcément évidents. Et j’ai repensé à un article que j’avais écrit dans le cadre de ma profession à ce sujet. Je me suis dit que ça pouvait peut-être aider un ou deux parents en difficulté, alors j’ai décidé de partager les informations que j’avais pu recueillir auprès d’une pédiatre.

Enfant difficile ou véritable néophobie ?

Il est souvent difficile pour les parents de savoir si leur enfant mange assez ou non. Il faut bien distinguer les difficultés alimentaires des comportements de néophobie.

La néophobie consiste à rejeter tout aliment nouveau ou inconnu. Chez le nourrisson de plus de 12 mois, il s’agit d’une période du développement normal de l’enfant. Le pic se situe entre 18 et 24 mois.

La définition des enfants dits « difficiles » inclut :

  • le refus de nouveaux aliments ;
  • une sélectivité modérée des aliments, notamment lorsqu’il s’agit de légumes ou de fruits ;
  • le rejet de certaines textures.

Mais la problématique des enfants difficiles n’est pas seulement nutritionnelle. Lorsque l’alimentation devient source de conflits importants dans la famille et que des attitudes coercitives sont adoptées par les parents, les conséquences sont surtout comportementales et développementales pour l’enfant.

Faut-il consulter ?

Si votre enfant mange peu et de façon sélective, votre médecin pourra rechercher une pathologie organique sous-jacente et des signes de dénutrition.

Certains symptômes sont tout particulièrement évocateurs :

  • Difficultés pour avaler.
  • Troubles de la déglutition (toux chronique, étouffements, pneumopathies à répétition).
  • Douleurs lors de l’alimentation.
  • Vomissements, diarrhée.
  • Troubles de la croissance.
  • Pathologie sous-jacente (autisme, anomalies congénitales, etc.).

Des examens complémentaires et avis multidisciplinaires (auprès d’un diététicien, gastro-pédiatre, ORL, etc.) sont parfois nécessaires.

Quelles sont les causes du manque d’appétit ?

Très tôt, le fœtus est exposé à différentes saveurs. Les nourrissons allaités ont accès à de nombreuses saveurs, plus que les nourrissons nourris artificiellement. Cependant, même si la maman a adopté une alimentation variée au cours de la grossesse et de l’allaitement et que le nourrisson est donc déjà sensibilisé à certaines saveurs, l’acceptation de nouveaux aliments peut nécessiter plus de 10 expositions. Certaines études ont montré que les enfants ayant une faible sensibilité gustative seraient plus attirés par les fruits et légumes que ceux ayant une forte sensibilité gustative. L’attrait pour le salé et le sucré pourrait également être génétiquement favorisé, même si les expositions répétées à ces deux saveurs augmentent leur appétence.

Les relations parent-enfant, la dynamique familiale et le tempérament des enfants sont aussi des éléments influençant le comportement alimentaire des enfants. Pousser et forcer un enfant à manger ou, à l’inverse, adopter une attitude parentale peu contenante et fixant peu de règles est généralement néfaste et contreproductif. Ainsi, lorsque l’alimentation devient source de conflit important dans la famille, des conséquences comportementales et développementales peuvent être observées chez l’enfant.

Que faire ?

Chez ces enfants sélectifs, certaines techniques pour diversifier l’alimentation peuvent être utiles :

  • Faire des sauces avec les purées de légumes afin de masquer le goût.
  • Assaisonner au goût de l’enfant et l’impliquer dans la préparation des repas.
  • Rendre les plats visuellement attractifs et leur donner des noms appétissants, etc.

Dans les formes plus sévères et en cas de conflit familial, il peut être utile de s’adresser à un psychothérapeute.

Enfin, pour vous rassurer, n’hésitez pas à demander à votre médecin de récapituler avec vous les apports alimentaires de votre enfant et de revoir la courbe de croissance.

Astuces et conseils pour les parents

Les parents sont responsables de la préparation des repas en termes de variété et de quantité. Ils décident de l’heure des repas. Ils assurent un repas plaisant, sans distraction et dans un environnement calme.

L’enfant est responsable de ce qu’il mange ou ne mange pas.

Augmenter l’appétit de l’enfant

  • Supprimer les snacks, le grignotage entre les repas.
  • Ne proposer que de l’eau en dehors des repas.

Éviter les distractions

  • Manger à table, assis correctement et confortablement.
  • Interdire télévision, tablettes, téléphone, jouets à table.

Repas communs

  • Favoriser les repas en famille.

Autonomisation

  • Encourager l’enfant à manger seul.
  • Inciter à ne pas gaspiller.

Introduction systématique d’un nouvel aliment

  • Proposer à l’enfant ses aliments favoris avec une petite quantité d’un nouvel aliment.
  • Inciter l’enfant à goûter sans forcer.
  • En cas de refus, proposer de nouveau cet aliment quelques jours plus tard. Les goûts des enfants changent. Il faut donc continuer à proposer ces aliments, parfois plus de 10 fois.
  • Ne pas préparer de repas spécifiquement pour l’enfant.

Limiter la durée du repas

  • Un repas habituel dure au maximum 30 minutes.
  • Lorsque le repas est fini, la table doit être débarrassée.

Alimentation appropriée à l’âge

  • Proposer une alimentation adaptée au développement oral de l’enfant.
  • Une cuillère adaptée à l’âge doit être proposée.

Attitude neutre

  • Ne pas manifester de surexcitation ou au contraire manifester de la colère.
  • Les punitions, brimades, etc., n’ont aucun intérêt et sont au contraire nocives.
  • Ne jamais forcer un enfant.

Il est surtout important de garder le cap. Même si votre enfant est sélectif, ses repas, notamment ses collations, doivent rester structurés et équilibrés. Par exemple, privilégiez un morceau de pain avec une part de fromage plutôt qu’un pain au chocolat pour le goûter !

 

Et vous, rencontrez-vous des difficultés pendant les repas de vos enfants ?

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2 Commentaires

  • Marie
    17 février 2018 at 17 h 25 min

    Coucou! Merci pour ces conseils intéressant. Pour ma part, le début de la diversification pour mon fils n’a pas été très facile. Il ne mangeait quasiment rien (en fait surtout avec papa et maman, chez nounou il y a jamais eu de problèmes). Tout le temps où l’on s’est inquiété et un peu « battu » pour qu’il mange, ça n’a fait qu’empirer. C’est le jour où l’on s’est dit « il mange, tant mieux, sinon c’est pas grave » surtout avec les biberons de lait à côté. Depuis ça se passe très bien, il a des jours avec beaucoup d’appétit et d’autres non, quand il est malade il se met tout seul à la diète et change encore régulièrement de goût en matière de légumes (un jour il va engloutir les champignons et le lendemain ne va surtout pas vouloir les toucher). De manière générale il mange de tout, malgré sa tendance à grignoter (passer ses journées avec maman enceinte qui mange fractionné, difficile de lui interdire ce que je fais en ce moment), peut engloutir dans la même journée des assiettes absolument énormes pour son âge et s’enfiler son biberon derrière ou alors très peu manger et très bien se porter (l’avantage, c’est qu’il a toujours besoin de ses biberons de lait 3ème age, donc on est plus sur qu’il a bien ses apports nécessaires). Avec son papa on ne se prend vraiment pas la tête, il mange comme nous et s’il n’en veut pas, il sort de table et va jouer le temps que nous finissions. Si 30 minutes avant manger il réclame un fruit ou un petit bout de fromage, il le prend (mais pas de gâteau!), ça ne l’empêche pas de manger encore après.
    Voilà pour ma petite expérience avec mon loulou, et je pense que pour notre deuxième on ne se prendra pas la tête non plus, parce que finalement chacun son rythme en matière de nourriture.
    Belle journée
    Marie

    • Plume de maman
      17 février 2018 at 21 h 02 min

      Merci pour ce partage d’expérience ! Comme on dit, un enfant ne se laissera jamais mourir de faim ! Alors parfois il faut savoir lâcher prise 😉

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