À 9 mois du bonheur Grossesse

Un petit « moins » qui change tout

Cumuler des ovaires micropolykistiques (voir ici), une thyroïdite de Hashimoto (voir ici) et une incompatibilité rhésus, c’est possible ! J’en suis la preuve !

C’est quoi encore ça ?

La première fois que j’ai entendu parler d’incompatibilité rhésus, j’étais au lycée. Étant de rhésus négatif (donc « moins »), je me suis tout de suite sentie concernée et j’ai gardé cette notion dans un coin de ma tête. En couple avec monsieur J., je lui ai rapidement demandé quel était son groupe sanguin (plutôt original hein ? La plupart des filles s’en moquent un peu !). Bien sûr, son rhésus est positif, sinon ça aurait été trop simple !

J’en ai donc tout de suite parlé au gynécologue lors de ma consultation préconceptionnelle, car je savais qu’il y avait une marche à suivre particulière en cas de grossesse (oui parce que dans la vie de tous les jours, on s’en fiche carrément de ne pas avoir le même rhésus !).

Bon, arrêtons le suspens, je vous explique d’abord ce qu’est l’incompatibilité rhésus avant de vous raconter ma vie. Allez, concentrez-vous, les explications sont un peu longues, mais indispensables pour comprendre le Schmilblick !

Une histoire de rhésus

Le groupe sanguin d’une personne est constitué d’une lettre (A, B, AB ou O) et d’un signe « + » ou « – » correspondant au rhésus. Si votre rhésus est positif, cela signifie que vos globules rouges sont porteur d’une molécule spécifique appelée antigène D. Si votre rhésus est négatif, c’est que vos globules rouges ne portent pas cette molécule (ça va jusque-là, vous suivez ? 😉).

Lors d’une grossesse, si la maman a un rhésus négatif et le papa un rhésus positif, le bébé peut avoir un rhésus positif. Entre la maman qui est « – » et son bébé qui est « + », il y aura donc incompatibilité rhésus. Dans ce cas, le système immunitaire de la maman va se retourner contre celui de son bébé. C’est ce que l’on appelle l’immunisation fœto-maternelle (impressionnant hein !). En effet, si les globules rouges du bébé portent l’antigène D alors que ceux de la maman ne l’ont pas, ils seront considérés comme étrangers par l’organisme de la maman. Son système immunitaire va alors se défendre contre ces intrus en fabricant des anticorps anti-rhésus (appelés agglutinines irrégulières) chargés de détruire les globules rouges du fœtus et donc de réduire leur nombre, ce qui entraîne une anémie.

L’anémie du bébé peut être présente à la naissance et, quand les anticorps sont fabriqués en grande quantité, elle peut même s’exprimer dès la vie intra-utérine. Après la naissance, la destruction des globules rouges se poursuit et libère la bilirubine, pigment jaune qui provoque chez l’enfant une jaunisse. Dans les formes graves, la bilirubine est produite en grande quantité et va rapidement s’accumuler ; elle peut alors devenir toxique pour le cerveau du bébé en l’absence de traitement. Dans la plupart des cas, l’enfant peut guérir grâce à des traitements efficaces avant et après la naissance. Il y a cependant des situations d’échec dans les cas les plus graves.

Première grossesse, ça va… mais attention pour les suivantes !

Lors d’une première grossesse, le sang du bébé et celui de sa mère sont séparés par le placenta, il n’y a donc aucun risque pour le bébé. Sauf dans certaines situations où il peut y avoir contact entre le sang du fœtus et celui de sa maman : un choc sur le ventre, des saignements en cours de grossesse, une amniocentèse.

Lors du premier accouchement, le placenta se rompt et des globules rouges du bébé passent dans la circulation sanguine de la maman. C’est à ce moment-là que l’immunisation fœto-maternelle se produit si elle n’est pas contrée par l’injection d’un produit spécifique. Les globules blancs de la maman fabriquent des anticorps dirigés contre les globules rouges du bébé. Mais pas de problème pour celui-ci, puisqu’il est né.

Pour les grossesses suivantes, ça se complique ! Lors du premier accouchement, la maman a donc fabriqué des anticorps anti-rhésus (si elle n’a pas reçu l’injection). Or, les anticorps sont de toutes petites molécules : elles peuvent traverser le placenta et s’attaquer aux globules rouges du bébé (s’il est rhésus positif) lors d’une grossesse suivante.

Comment prévenir l’immunisation fœto-maternelle ?

En pratique, lorsque la mère est de rhésus négatif, elle doit recevoir une injection de sérum anti-rhésus après chaque accouchement : ce sérum neutralise les quelques globules rouges rhésus positif qui peuvent être présents dans son sang, pour éviter la formation d’agglutinines irrégulières et protéger ses futurs bébés. Idem si la grossesse se termine par une fausse couche ou par une interruption de grossesse.

Une injection préventive de sérum anti-rhésus peut également être proposée au début du 3e trimestre de grossesse. Son but est de neutraliser les passages « spontanés » de globules rouges du bébé vers la circulation sanguine de sa mère, qui se font plus facilement à cette période.

Mon expérience

Dès la consultation préconceptionnelle, le gynécologue m’a prescrit une prise de sang pour déterminer mon groupe sanguin et mon rhésus (au cas où ils auraient changé depuis ma naissance 😁) et vérifier l’absence d’agglutinines irrégulières. Puis j’ai eu droit à un nouveau contrôle lorsque j’ai su que j’étais enceinte, et régulièrement durant toute ma grossesse (je peux vous dire qu’il a fallu en remplir des tubes de sang !).

À la fin du 1er trimestre de grossesse, le gynécologue m’a proposé une prise de sang pour connaître le groupe sanguin de mon bébé. Objectif : m’éviter l’injection de sérum anti-rhésus qui serait inutile si le bébé était négatif comme moi. Bien sûr, cette prise de sang n’est pas remboursée par la Sécurité sociale et n’est pas donnée… Mais j’ai accepté, car ce sérum anti-rhésus me faisait un peu peur… Ce médicament est dérivé du sang de donneurs et, même si tout cela est très contrôlé, le risque zéro n’existe pas (qui n’a jamais entendu parler de l’affaire du sang contaminé ?).

Bon, résultat : rhésus positif pour bébé, alors pas le choix ! Mais j’ai eu du mal à trouver quelqu’un pour me faire l’injection (vers 28 SA il me semble). Le gynécologue m’avait dit : « allez dans n’importe quel laboratoire, ils vont vous le faire ». Sauf que, non, les laboratoires ne manipulent pas de tels produits. J’ai alors appelé une infirmière qui m’a dit qu’elle n’avait plus le droit non plus de réaliser cet acte et j’ai fini par trouver une sage-femme !

J’ai eu une nouvelle injection après l’accouchement, dans les 48 h je crois.

Il n’y a plus qu’à espérer que mon corps n’ait pas produit d’agglutinines irrégulières, ce qui simplifierait mon éventuelle prochaine grossesse !

 

groupe sanguin

© geralt – Pixabay

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